
Liberté, je t’aimerai pour toujours
Je dirai à ces noires
corneilles
Je dirai à ces arbres
qui s’éveillent
Je dirai
Tes merveilles
Que je ne vois pas
Tes merveilles
auxquelles je crois
J’écrirai ma peine
De voir ce monde tapi
Sans soleil
Sans toi
J’écrirai pour que le ciel
Pleuve des mots d’amour
Sur toi
Sur la vie de tous les jours
Je crierai
Je crierai au silence
De hurler devant l’indécence
L’indifférence
L’injustice
La violence
Gratuite
Innomable
Interdite
Immonde
Pitoyable
Qui t’es faite
Je graverai ton nom
Sur l’écorce des arbres
Sur les trottoirs maussades
Je chanterai ta voix
Où elle ne s’entend pas
Je tracerai ma route
Avec ces mots-là
Je lèverai le doute sur toi
Un jour tu triompheras
Lorsque l’amour éclairera
Nos visages
Liberté
Liberté
Liberté
Vole
Ne sois pas sage
Vole
Jusqu’aux nuages
Vole
Jusqu’au naufrage
Vole
Je traverserai à la nage
Chacun de tes outrages
Et te ramènerai
Sur le bord de la plage
Le rebord du monde
Jusqu’aux vagues
de mon coeur
Meurtri
Qui tremble
De te voir flagellée
Humiliée
Là je te consolerai
Mon amie
Ma voix
Ma douleur
Là je t’épouserai
Te couvrirai de fleurs
Soignerai tes blessures
Là je t’aimerai
Pour toujours
Et à jamais
Nous serons
Des naufragées
De l’amour
Sur une mer
Déchaînée
En pleurs.
05/11/2024
Tous droits réservés 
Image du web

Transcendance
Aller tutoyer la transcendance
Des étoiles
Chercher une issue
De secours dans un
ciel immense
Survivre en dansant
Sur la face du néant
S’accrocher
A l’amitié venant
Vous visiter
Sous les traits fins
Et délicats d’un ange
Fuir l’errance programmée
des astres en déroute
Retrouver sa route
Illuminer son chemin
De perles de pluie
En transe
Chasser la souffrance
Par la force inaltérable
De la vie
Qui commence
Et recommence
Chaque jour qui
Finit…
27/04/2025
Tous droits réservés copyright
Navire négrier, 1840, Turner

Jardin imaginaire
Ici je ne vois plus de rosiers
En fleurs
Je dois les imaginer
Humer leur parfum
A travers la douleur
Je rêve de traverser
Un jardin
M’immerger
dans un parterre
Multicolore
Suivre les papillons du regard
Je n’ai jamais su faire
Autre chose que voir
Sentir ressentir
Encore une fois
Contempler ce qui ne se dit pas
Entendre
Les effluves du silence
Je ne sais pas faire la guerre
J’ignore les tracas
De cette terre
Non par imbécilité j’espère
Mais je ne les comprends pas
Je perçois les ombres
De la lumière
À chaque pas
Au loin de la fumée
Sur les toits
Des arbres roux
Comme des flammes
Le bleuté des montagnes
Rejoint l’indescriptible
Toile tourmentée
Peinte
Dans mon âme.
03/11/2025
Tous droits réservés copyright
Texte et photographie

Cœur fou
Mon coeur est fou
Il sursaute partout
Un jour un oiseau
Peut-être réussira
A le calmer
Il s’emballe au moindre
Mouvement
À chaque son
Émotion
Décalé
Il danse
Sur un rythme
Endiablé
Aucun médecin
N’a réussi
À mettre la main
Dessus
Pour le calmer
Sa musique
Est totalement
Improvisée
Bim bam boum
Mon coeur est fou
Et désaxé
26/10/2025
Tous droits réservés copyright

Nuit agitée
Ce vent ravageur
A ravagé mes pensées
Je me réveille
Épuisée
Revêtue de douleurs
Serait-ce la pluie
Ou le vent d’antan
Portant en leurs humeurs
De vieilles rumeurs
Le jour s’éveille
A moitié sonné
Sur l’horloge
Du quartier
Lui aussi
Au moins nous
serons deux
A essuyer
Nos pleurs
Echappés
A la bonne heure!
D’un mauvais
Sommeil…
23/10/2025
Tous droits réservés copyright
Texte et photographie

Paysage d’octobre
Seul le cri de quelques oiseaux
Ose percer le mur du froid
Dressé devant les corbeaux
Perchés sur les cîmes aux abois
Matin d’octobre comme tu es sobre
On dirait un religieux en bure brune
Préparant sa messe sans opprobre
De dos avec ta tonsure opportune
Le chant des arbres gémit
La perte de ses feuilles mourantes
Aucune étoile ne luit
Lorsque la nuit est montante
Au loin le spectre bleu des montagnes
Dessine une brume diaphane
Se répandant en lumière grise
Sur un paysage endormi sans chemise.
05/10/2024
Pieter Bruegel l’Ancien
La rentrée des troupeaux, 1565
Barbara Rousseau, de son vrai nom Cécile Genilloud, née à Fribourg en août 1978, a grandi sur les terres natales de Philippe Jaccottet et Gustave Roux, en Suisse, entre lac et montagnes. Son enfance a été teintée de musique et d’amour des mots dans une famille cloîtrée dans le silence et les non-dits.
Elle a commencé à écrire ses premières pages vers l’âge de onze ans, d’abord sous la forme de cahiers intimes, devenant rapidement de la poésie en prose, illustrés à l’encre de Chine par elle-même. Ces cahiers ont aujourd’hui disparu.
Puis, elle a étudié avec brio la langue française, le latin et le grec à Lausanne et exercé plusieurs arts, comme le chant et le clavecin, en véritable passionnée.
Dès août 2023, au cœur d’une épreuve de vie particulièrement douloureuse la plongeant dans une solitude immense, elle se met à écrire frénétiquement sur les réseaux, à raison de plusieurs poèmes par jour.
En octobre 2023, elle est reconnue comme membre officielle de la Société des Poètes Français à Paris. Elle a publié un seul recueil en autoédition, “Contemplations”, en octobre 2023, pour la participation à un concours de poésie. Actuellement atteinte de graves problèmes de santé, elle continue à écrire ce qui constitue l’essence même de sa vie.

