Deux recueils de poésie viennent de paraître sous la plume de Parme Ceriset en ce mois d’octobre 2025, aux éditions Tarmac et aux éditions Unicité.
Parution du recueil « Amazone d’Outre-monde (Entre la mort et l’extase) » de Parme Ceriset, éditions Tarmac, préface de Jean Azarel
Quatrième de couverture :
« Y a-t-il un rivage
où le temps se souvient des disparus,
des existences piétinées,
des rivières asséchées,
par la folie humaine ? »
Le parcours atypique de Parme Ceriset, médecin sauvée par une greffe des poumons il y a seize ans, l’a rendue particulièrement attentive aux souffrances du monde et à la condition humaine.
« Dans la saga de sa plume, épique, rugissante, parfois hallucinée, il y a autant d’outre-tombe pour renaître à la vie que d’outre-monde pour panser les blessures de l’existence. Se frayant un passage dans la jungle agitée des dieux et des diables terrestres, l’Amazone élague peu à peu les ténèbres pour mieux les traverser et jouir de ce qu’il reste de bienfaisance dans un monde où jusque dans ses colères la nature se révèle une amie sûre.
(…) Longtemps, le poème rougeoie d’un feu intérieur, il est juge et sentence sans appel sinon celui de la louve-sœur déjouant les pièges semés sur son chemin. Parme Ceriset convoque sans afféteries les cavaliers d’une apocalypse batailleuse provoquée et subie par l’homme, et exacerbée par le déchaînement d’éléments devenus incontrôlables. Elle nous enjoint à distiller raison dans la lymphe de démesure dont se nourrit l’engendrement artistique : nulle liberté sans combat perpétuel, plus encore pour la femme, avec le charroi de la poésie pour s’élever au-delà des turpitudes de la nature humaine », écrit Jean Azarel dans la préface.
Extraits
Lieu du temps dénudé
où un duel s’amorce
entre menace du gouffre
et pulsion de vie…
Lueurs d’apocalypse,
amour croisé
au plus profond de l’abîme…
Soigner les corps et les âmes,
apposer des mains de chamane
sur les congères figeant les êtres
dans des geôles glacées.
Redevenir animale,
tuer le squale qui les happe,
arracher le cœur des ténèbres.
————-
Je marche nue sur les plages du Temps
drapée dans l’écume rougie de naufragés,
trempée de voix dissoutes, étreintes et souffrances.
Je fends la mer, l’ombre amère,
me mêle aux fantômes des noyés
dans la rumeur mugissante du ressac.
Je marche libérée de tout carcan,
du souvenir des peaux glacées,
des yeux enfuis dans des trous noirs.
Je marche en étoile rendue à l’univers
le soleil dans les mains,
emplie d’une joie nouvelle
à poser sur les plaies au détour des chemins.
Je marche en Amazone chevauchant la tempête
en chamane des mots
et j’apaise les êtres
pour les rendre à l’éther
libre des soirs d’été.
Parme Ceriset dédie ce recueil « à celles et ceux pour lesquels la vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille, et qui se sont battus pour continuer à l’aimer. »
Vous pouvez commander le recueil en librairie ou sur le site des éditions Tarmac :
AMAZONE D’OUTRE-MONDE de P. Ceriset | Tarmac2025
Recension par Jean-Paul Gavard-Perret dans “Le Littéraire” :
Parme Ceriset, Amazone d’Outre-monde – lelitteraire.com
Recension par Martine Rouhart sur le site de l’AREAW :
Parme Ceriset Amazone d’Outre-monde, , éd Tarmac, 2025, 66 pages, 15 euros – AREAW
Parution du recueil « La liberté sur les lèvres (Bohème) » de Parme Ceriset aux éditions Unicité avec une préface de Patrick Devaux.
Extraits :
Nous irons, pantins damnés,
cueillir le cassis et le myrte
sous le soleil de plomb…
Que je serai Toi !
Nous baignerons nos pieds brûlés
par le tranchant des pierres du chemin
de nos vies assassinées
dans les rivières du destin…
La nuit, regarde, la lune est rousse.
Que chantent les grillons et les herbes !
Les lits de mousse..
Que tu sois à moi !
Le ver luisant y croit… dans sa prison..
Les vers grouillent sous la terre
mais nous sommes bien.
Nous crachons sur la misère
qui nous a faits humains.
Tu y crois, n’est-ce pas ?
Je lis l’espoir dans le torrent
évadé de ton regard d’amant.
Vois-tu l’étoile flamboyer
derrière les cèdres centenaires ?
Et la rose incendiée renaître
de notre enfer?
Vibre, sens, respire, écoute.
Ah qu’il est bon
de sentir les gouttes
de nos rêves moribonds
qui brûlent de cette vie folle
qui scintille partout.
Que je crois en toi ! Que tu sois Nous !
(…)
Au plus profond de la nuit,
j’entends les âmes tomber.
Des souffles s’éteignent,
des cœurs saignent,
je les sens étouffer.
Des larmes coulent en rivières de lave
et déciment tout ;
les rêves sont pulvérisés en cendres,
et les soupirs
sont le chant déchirant des villes.
Les champs sont nus,
les vivants ont déserté.
Mes rêves humanistes sont à vif,
je ne les sens plus se vider…
Je perçois le monde qui souffre
en chacun de mes pores…
Pourtant, dans les braises des cieux
luit encore
la joie immortelle
de l’Espoir fait Dieu,
de la vie qui broie la mort.
(…)
J’ai un oiseau dans les yeux,
et un mot sur le bout de la langue
un mot mi-frais mi-brûlant
à la fois doux et douloureux
un mot maculé du sang
de celles et ceux qui ont lutté
pour en préserver le sens
pour en cueillir l’immensité,
un mot qui ressemble au bleu
des grands ciels d’été,
un mot de folie et d’étreinte
de pas et de sentiers,
un mot d’écume et de vagues,
de passions déchaînées,
un mot d’azur et de sable,
d’herbe dansant sous le mistral,
un mot accueillant ton silence
entre mes lèvres carminées,
un mot fou et sensuel
tissé de rêves et de bohème :
le mot liberté.
Parme Ceriset
Le recueil, qui comporte des poèmes et des photographies de paysages, est disponible sur commande en librairies ou sur le site des éditions Unicité ici :
EDITIONS UNICITE | Parme Ceriset | La liberté sur les lèvres
Quatrième de couverture
Persuadée qu’il est possible de se réinventer et de se libérer de ses chaînes après avoir traversé des épreuves, Parme Ceriset nous invite à la suivre sur les sentiers de la liberté, de la combativité, de la joie. « Un mot accueillant ton silence / entre mes lèvres carminées, / un mot fou et sensuel / tissé de rêves et de bohème… » Chez Parme… aucune demi-mesure. L’extase ne le permet pas : « Que je crois en toi ! Que tu sois nous ! » dit-elle. Chacun de ses mots est fusion brûlante : « Tu me vis. Je te vois. Je te vis ». Douce guerrière humaniste porteuse de flambeaux, « elle règle ses comptes avec la mort », nous transmet Patrick Devaux en sa préface.
Ce faisant, humilité et enthousiasme poétique vont ensemble, et « nous passerons légers, laisserons dans le vent / l’empreinte de nos vies / et l’écho de nos pas, / le reflet de nos actes / et le chant de nos voix /et un peu de nos mots / dans le ciel étoilé… », des poèmes, des sourires, des images où « danse ce mélange ardent / de souffrance et de joie », en défi certes mais aussi en geste d’amour. En liberté célébrée, « là où souffle le vent / là où flambe la vie. »
Laurent Desvoux-D’Yrek (directeur de la collection Chantelangue et compagnie aux éditions Unicité)

