Alexandra Cretté (Guyane française) : « La poésie est une réponse aux attaques de la réalité » – entretien réalisé par Leonard Popa

 

 

Alexandra Cretté, née à Aubervilliers le 17 mai 1978, est depuis dix-huit ans professeure de littérature moderne en Guyane française. Syndicaliste, anticolonialiste, féministe, elle est fondatrice et directrice, depuis 2020, de la revue littéraire Oyapock. Elle a reçu la mention spéciale du Prix international de poésie Balisaille pour son recueil Par le regard de ces autres mal nés, en mai 2023. L’année dernière, elle a été invitée au 33e Festival international de poésie de Medellin (Colombie), au 17e Festival international de poésie de Caracas (Venezuela) et à la troisième édition du Festival international Mai.Poésie de Martinique. Dimanche 8 février, l’écrivaine lancera à Rouen son recueil de poèmes Panoptica Américana, publié en octobre dernier par les Éditions Atlantiques déchaînées.

Le mot « vieil ami ou compagnon nécessaire » ? Que confessez-vous à travers ce mot et que dissimulez-vous ?

La solitude est une crise perpétuelle de l’écrivain. Un motif, une mise en abyme de sa propre fragilité. Une catharsis commence lorsque l’écrivain écrit. Une spirale infinie s’ouvre lorsqu’il évoque le monde intime du mot. On y déploie ses propres fantasmes ou ses névroses, quelque chose pour maintenir une connexion avec l’illusion démiurgique de l’écriture. J’y cherche ce qui m’est le plus important, je m’appuie sur une vision idéale de l’humanité : le lien, la chaleur de la relation à l’autre. Le mot est la pièce qui me raccorde aux autres. Il fonde ma capacité à charmer et à maintenir un dialogue avec ceux qui me sont chers. Le mot est ce que j’offre aux autres. Mais il implique en corollaire une vision idéalisée du lecteur. Un lecteur irréel, une fiction de lecteur, mais sans laquelle l’écriture est impossible.

J’écris pour un lecteur, une lectrice qui n’est qu’un mirage de ma conscience. Les lecteurs réels, eux, sont terrifiants. C’est pour cela qu’il vaut mieux abandonner le livre à lui-même une fois qu’il se retrouve publié. Par ce biais-là, l’écrivain retrouve la solitude. Encore une fois. C’est une sorte de cercle éternel de la communication. De la naissance de soi, à la tentative de l’autre, au retour à soi. Même si l‘écriture est une immense porte ouverte sur le monde, un mouvement de balancier nous replace toujours dans cette solitude immanente de l’écrivain.

L’écriture poétique met en jeu une relation profondément intime du poète au langage. La conséquence en est une forme d’exposition systématique de soi, même dans l’écriture d’apparence la plus anodine ou la plus collective. Lorsqu’un poète lit son livre lors d’une lecture publique, j’ai toujours l’impression d’un exercice de dépersonnalisation. Il y a plusieurs manières de l’opérer, plusieurs stratégies possibles pour faire sortir le texte poétique de cette texture intime. Ce n’est pas une question de sujet, d’impudicité ou de morale. C’est une question d’exposition. La poésie n’est pas un selfie, elle ne glisse pas sur les apparences.

Vous êtes considérée comme une poète militante. Comment justifiez-vous cette vocifération circonstancielle ? Qu’est-ce qui vous déplaît le plus ? N’est-il pas plus facile d’adopter la lâcheté générale ?

Je suis peut-être considérée comme une poète militante, cependant je ne pense pas que cela soit dû au contenu de ma production littéraire, ni à sa forme, d’ailleurs. Cette identité activiste m’est venue par deux biais. Le premier résulte de mon engagement syndical, puisque j’ai été co-secretaire de mon organisation pendant une quinzaine d’années et que mes apparitions publiques et mes prises de paroles médiatiques étaient liées à cet engagement. Le deuxième vient de mon chemin d’arrivée en littérature, ayant fondé la Revue Littéraire Oyapock, une revue littéraire plurilingue, internationaliste, d’inspiration glissantienne, principalement composée de jeunes auteurs, étudiants, exilés… Cependant, à l’aune de mes publications, on pourra chercher en vain cette voix de vocifération circonstancielle. Car la poésie a d’abord été pour moi l’occasion de sortir du dire collectif de l’action politique pour retrouver la chanson personnelle de la complexité du monde. Je travaille sur une polyphonie qui part de l’intime pour travailler de façon différente la voix de l’autre. Mon premier recueil était déjà polyphonique mais dans une sphère assez individuelle, où l’Histoire, la Géographie, n’apparaissaient qu’en toile de fond ou en bordure, par des personnages, des références, des noms de lieux. Dans mon prochain recueil Panoptica Americana, la forme de la polyphonie se transforme, devient le cœur du livre et de son déploiement dans une pensée de l’histoire et du temps, de la culture et de la signification des espaces américains.

Cependant, pour revenir à vos questions, je possède effectivement une sensibilité assez révoltée, si l’on peut dire. C’est à la fois presque caricatural et cependant pertinent. Il y a au fond de cela comme une volonté de ne pas oublier certaines visions issues de l’enfance, de l’adolescence. Une vision naïve, presque primitive. J’ai pu l’habiller de mille peaux conceptuelles ou intellectuelles, elle est restée tout au fond de moi comme mon ombre naïve. Il n’y a donc ni aucune lâcheté ni aucun courage particulier á ne pas vouloir renoncer tout au long de sa vie aux ombres mirifiques de ce que je considère toujours comme une forme de lucidité enfantine.

Le poète a-t-il le devoir de répondre aux agressions de la réalité ? La révolte est-elle une grâce de l’esprit, non une malédiction, mais une bénédiction, comme le disait René Crevel dans « L’esprit contre la raison » ?

La poésie est une réponse aux agressions de la réalité. Même la plus circonstancielle, même la plus autocentrée des poésies pressent le langage comme un moyen d’aménager cette violence aux exigences les plus nécessaires de l’être. On pourrait même voir les règles de la métrique, de la stylistique comme des codes échafaudés dans ce seul but… Je plaisante à demi…Tout le maniérisme poétique se fonde sur cette volonté de créer un langage qui puisse tenir á distance la chose et en même temps la re-former dans un monde de mots. Cependant j’entends bien que votre question porte principalement sur la nécessité d’une réaction, c’est dire d’un engagement dans la lecture et le vécu du monde.

Sans entrer dans un dialogue continu avec l’actualité journalière, l’écriture de mes livres est en lien avec une réflexion constante sur la nature de notre monde, la signification de la globalisation des cultures, l’évolution du discours scientifique historique sur l’occident. Je suis passionnée par les récits qui réussissent, par la richesse de leur puissance narrative, à dire vraiment quelque chose sur le monde.  Des récits qui s’excèdent eux-mêmes. Comme le Quart Livre de Rabelais, Voyage au bout de la nuit de Céline, Teresa Batista de Jorge Amado ou La Fête au bouc de Mario Vargas Llosa. J’aime l’idée que les grands livres de poésie sont eux aussi des livres-monde.

Le monologue asthénique de votre poésie révèle également un éros troublé. Comment vous partagez-vous entre la soif de concret et la tentation démiurgique ?

Les passages en suspensions dans ma poésie, souvent en caractères italiques, tentent d’exprimer une intériorité plus inconsciente. Parfois presque animale, parfois presque rêvée. Ou du moins de cette zone du rêve qui chevauche la conscience. J’y cherche des images perdues, des sensations dont parfois je ne percevais pas la trace. Un peu comme le chasseur traque les marques laissées par la bête. Les traces permettent de reconstituer le corps. L’histoire, la narration.

On est donc facilement dans les troubles de l’éros, effectivement. Entre la sensualité consciente et la sensualité inconsciente, il y a un espace intermédiaire où la dévoration frôle la caresse. Des antagonismes s’y heurtent ou s’y lient comme par miracle. Mon premier recueil, Par le regard de ces autres mal nés, était une mise en acte d’un souffle et d’une multiplicité de voix. Le journal intime de cet acte, c’est ce chant en italique. Ces mots égrainés qui transportent dans le lieu du fantasme ou du mythe. C’est là que j’ai commencé à explorer cette dimension très importante du mythe en poésie. Exploration qui a ouvert la voix à mon travail polyphonique de Panoptica Americana, qui vient de paraître.

La polyphonie est une tentative pour produire des œuvres-monde. Non pas des œuvres qui restituent l’intégralité du monde – c’est impossible. Mais une œuvre qui constitue un tout d’une complexité presque organique, c’est á dire modelée de nombreux éléments distincts, tous interdépendants, mais utilisant des rythmes différents et ayant des fonctions différentes. Une œuvre que l’on puisse lire de dizaines de manières différentes, mais pas seulement du fait de la subjectivité mouvante du lecteur. Ce genre de visée est complètement démiurgique. Le projet d’un tel livre plonge l’auteur dans la nécessité du travail et d’un va-et-vient constant de son regard du microcosme textuel au macrocosme du livre.  C’est finalement assez épuisant…et sain. C’est un travail dont la réalité nous ramène à la chose concrète. Produire le livre. Achever le livre. Aboutir á une forme finie quoique instable.

La nuit romantique, celle du néant, ou la nuit mystique, celle qui donne naissance au premier jour ? Que préférez-vous ?

La nuit mystique. La nuit dont tout peut naître. La nuit matricielle et le jour d’apaisement. La nuit équatoriale couronnée de Voie Lactée. La nuit équinoxiale égalitaire du jour. La nuit qui ressemble à la nuit.

J’ai remarqué dans vos poèmes la fréquence de la forêt et de la rivière (comme frontière entre les mondes). Ce sont des éléments édéniques. Quel rôle joue la mythologie dans votre poésie ?

Je vis et j’écris en Amazonie depuis environ vingt ans. Un monde fluvial et forestier. Un lieu où le contact avec la réalité de la nature est omniprésent. Dans l’odeur de l’air. Le bruit de la pluie. Même nos formes d’urbanisme s’entremêlent d’arbres, d’espaces en friche où tout repousse et recouvre.   La forêt et la rivière sont donc des éléments fondamentaux de ma poétique. Ils m’interrogent dans l’ensemble du lexique à déployer pour les caractériser. Un lexique immense, inépuisable certainement. Mais il est vrai également qu’elles m’intéressent dans leur symbolique et leur contre-symbolique. Elles participent d’une continuité : l’espace forestier amazonien occupe un tiers du continent et possède son autonomie propre. La forêt ici relie des cultures, des langes, des histoires, des identités. Elle parle et unie ceux qui y vivent car elle est leur monde. Mais elles participent aussi d’une discontinuité. Les rivières sont nos frontières. Du Vénézuéla à notre frontière brésilienne, les fleuves sont des marquages de séparation administrative. Berceaux culturels et linguistiques, ils trouvent dans notre histoire moderne une incarnation de ligne géopolitique souvent sans écho dans le réel, car rien ne peut vraiment séparer les deux berges d’un fleuve.

Ce ne sont donc pas pour moi des éléments édéniques. Au sens ou l’Éden serait un paradis originel et quasi mythologique, car je ne vis pas dans l’Éden, loin de là. Le monde amazonien a ses beautés et ses horreurs. Il a ses mythologies propres.

Mon rapport à la mythologie se densifie au fur et à mesure de la conception de mes livres de poésie car je suis entourée par des cultures dont la pensée métaphysique, scientifique, se dit et se vit dans la modernité contemporaine à travers des récits et des formes de communications dites « mythologiques ». Ce sont des cultures qui ne sont pas miennes, je ne peux parler de la question de l’arrachement culturel, ni de celle de la perte de l’identité ancestrale dans le processus d’intégration de la société mondialisée. Je ne veux surtout pas entrer dans une tentative d’appropriation et prendre la voix d’autres mais je cherche à les comprendre et la poésie est pour moi une façon de restituer mon chemin à leurs abords. C’est une démarche intellectuelle qui me lance souvent dans un travail de lecture et de documentation préalable long. Comme un réalisateur de documentaire, un romancier, un peintre, un photographe.

Avec qui dialoguez-vous le plus souvent ? On dit de vous que vous êtes une lectrice assidue. Sommes-nous ce que nous lisons ?

Je suis membre du Mouvement Mondial de la Poésie (WPM), et par le biais des festivals internationaux, des campagnes et des actions culturelles de ce mouvement, je rencontre des poètes du monde entier, avec lesquels je travaille. Nous correspondons régulièrement et ces echanges nourrissent mon art et mon œuvre. La traduction de ces auteurs est un moyen merveilleux pour moi de rencontrer leur univers et leurs pensées. Planter ma langue dans la leur. D’habiter leur maison de sens pendant un petit moment. Ainsi j’ai traduit Embargo, recueil du poète népalais, Keshab Sigdel, Album de pluie du poète vénézuélien Freddy Nañez. Je suis en train de traduire Aminur Rahman, du Bangladesh et je discute d’un possible chantier de traduction avec le poète Cao Shui, de Chine. Plus encore qu’une lecture, la traduction résonne en moi de façon puissante, comme une conversation permanente.

Donc, effectivement, oui, je pense que nous sommes ce que nous lisons. Le livre nous transforme et s’immisce en nous. Il se pose quelque part. Il reste toujours une trace.

Y a-t-il trois Amériques ou une seule ? Comment l’espace géopolitique influence-t-il votre écriture ?

C’est une question délicate. Il y a géographiquement trois Amériques. Celle du Nord, celle du centre et des Caraïbes, celle du Sud. Elles ont des identités linguistiques globalement claires et distinctes cependant plus on regarde le continent dans ses détails et plus il s’homogénéise au lieu de diversifier. C’est la grande caractéristique de l’Amérique. Parce que toutes ses parties, tous ses lieux sont issus de la même histoire de colonisation. La même chronologie sanguinaire. La même logique de déportation. Le même regard porté sur les peuples précolombiens. C’est une des grandes indécences de l’héritage colonial. Toute la diversité et toutes les identités culturelles américaines lissées, raclées par le sceau de la domination. Des voix des Natives canadiens à la Nation Mapuche en Argentine, toute cette diversité immense de la culture, de la langue, de la philosophie, ressurgi aujourd’hui comme les eaux d’un fleuve étouffé par un seul immense et même rocher. Pesant. Inamovible.

Cette réponse vous indique que l’analyse, la compréhension de l’espace géopolitique, sont des éléments fondamentaux de mon projet d’écriture. Ce processus de relation à la fois politique, intellectuelle et sensorielle s’est développé et déroulé depuis vingt ans, depuis que je suis arrivée sur ce continent. C’est un mouvement long, lent et profond pour tenter de comprendre le monde qui m’entoure. C’est une quête pour entrer dans la matière des choses. Essayer, tout du moins. Elle ne s’arrêtera jamais, je pense, c’est un sujet beaucoup vaste et complexe pour être entrevu dans sa réalité par un seul individu.

Quel est le meilleur livre que vous ayez lu récemment ? Quels ingrédients doit contenir un mauvais livre ?

Sans hésitation, Contrechant, une anthologie de la poétesse afro-américaine états-unienne Audre Lorde, publiée aux éditions les Prouesses. C’est une poésie bouleversante de netteté. D’une modernité presque rude et pure, très éloignée du lyrisme qui m’est personnellement spontané.  Il y une forme d’objectivisme dans ce livre, sous tendu de visions presque chamaniques ou rituelles. De violences et de combats qui ne sont pas sublimés, mais évidents. Ce livre vient de m’être offert par une amie peintre, avec laquelle je collabore sur différents projets artistiques, Flore Vaillant. C’est un ouvrage dont elle m’avait parlé et nous avions lu quelques extraits ensemble. C’est ainsi que j’ai découvert la poésie de Lorde. Dense et immatérielle à la fois.

Tout le contraire de ce que je n’aime pas en littérature : l’inconsistance et la convenance. L’inconsistance du livre qui le rend prédictible. La convenance de l’œuvre qui ne cherche qu’à faire plaisir au lecteur. Je pense que la lecture est un exercice de confort dans l’inconfort. Si le livre est trop friable ou trop transparent, on ne peut pas s’installer dedans. Il ne laisse rien derrière lui.  

Quel est l’état de la poésie à 10 000 km de la Roumanie ?  Le poète s’y sent-il utile ?

En Guyane, nous sommes reliés directement à plusieurs espaces littéraires. L’espace Caribéen, par l’histoire, par la langue créole, par la relation politique à la France (la Guyane est ce qu’on appelle un département d’Outre-Mer). A l’espace Brésilien qui nous est contigu, lusophone, amazonien. Sur notre territoire, la poésie est un des arts littéraires fondamentaux car les trois grands écrivains guyanais Léon Gontran Damas, Serge Patient et Élie Stéphenson sont des poètes. La poésie habite donc la mémoire artistique de l’espace et la traverse depuis une centaine d’année.

Nous habitons un petit territoire, peuplé d’environ 400 000 personnes, les ressources éditoriales sont donc évidemment modestes. Nos richesses résident dans la diversité culturelle et linguistique. Dans le patrimoine immatériel de chants, de danses, de musiques, de contes. Beaucoup de cultures s’expriment ici à travers une tradition orale. Nous sommes habités donc par une double nécessité : mettre en place les ressources de la préservation des héritages, et en même temps produire les œuvres modernes et contemporaines qui rendent compte du présent. Notre perspective poétique en tant que Revue littéraire est de nous intégrer au paysage contemporain tout en prenant compte tous les acteurs de cette culture plurielle. Ainsi valorisons nous la publication plurilingue quand elle est possible et souhaitée par l’auteur ou l’autrice.

Des projets littéraires ?

Mon deuxième recueil, Panoptica Américana, est publié dans le courant de ce mois d’octobre aux Éditions Atlantiques déchaînés. Je suis en train de travailler aussi à la publication de ma traduction en français de l’Album de pluie, recueil du poète vénézuélien Freddy Nañez, avec Patrice Kanoszai, le directeur des éditions du Cygne. Un ouvrage composé de cent haikus, préfacé par le poète algérien Achour Fenni.

En Guyane, j’organise avec les auteurs de la Revue Oyapock du 24 au 31 octobre 2025, le Festival International de la Revue Oyapock (FIRO). Une semaine dédiée à la poésie dans des lieux de culture. Des récitals gratuits liant musique, danse, poésie et arts plastiques, photographie. Chaque auteur se voit offrir une soirée de création artistique mettant son œuvre à l’honneur. Rencontres, débats, atelier d’écriture á destination des enfants de quartiers populaires. Nimrod, l’immense poète tchadien francophone, y sera notre invité d’honneur aux cotés de nos autres invités internationaux, Daniel Pujol et Barbara Albuquerque.

Je devrais me rendre en novembre 2025, et c’est une immense joie, à Kolkata ainsi qu’à Guwahati, en Inde, pour deux festivals et rencontres poétiques internationales. Mon enthousiasme est absolument sans limite à cette idée.

Propos recueillis par Leonard Popa et publiés initialement sur le site : https://uzpr.ro/03/02/2026/poezia-este-un-raspuns-la-atacurile-realitatii-interviu-cu-scriitoarea-alexandra-crette-guyana-franceza-interviu-de-leonard-popa/

Print Friendly, PDF & Email
Partagez cet article