Grand entretien. Matthieu Niango : « La dignité est le dernier refuge de l’humanité »

 

La dignité des ombresMatthieu Niango publie aux Éditions Julliard La dignité des ombres, un thriller d’anticipation qui lui permet de sonder dans un avenir lointain la vie de la cité, ses grandes valeurs et ses failles.  Normalien, agrégé de philosophie, l’auteur est habitué à ce type de réflexions sur la démocratie, avec une préférence pour la démocratie horizontale qui est, selon lui, l’image vertueuse du pouvoir du peuple. Passer des concepts de philosophie politique à la liberté de la fiction, n’est-ce pas le grand défi auquel Matthieu Niango tente de répondre en publiant ce premier roman ? 

Bonjour Matthieu,  Albert Camus écrivait en 1936 dans ses Carnets:  « On ne pense que par image, si tu veux être philosophe, écris des romans ». Quel sens donnerait le philosophe et le romancier que vous êtes à cette phrase de votre illustre prédécesseur ?

Plus j’avance sur le chemin, bien difficile, de la pensée et de la création, plus je deviens, comme je l’espère, ami de la sagesse (c’est ce que veut dire philosophe en grec), et plus j’adhère à l’idée bergsonienne qu’il existe une source commune à la réflexion, à l’art et même à l’action, que brûle un même foyer d’où part tout ce qui cherche à éclairer le monde, à le transformer ou à en révéler la beauté. À peu près au moment où il écrit la phrase que vous citez, Albert Camus visite Florence, ville saturée de splendeurs, où j’ai eu la chance de me rendre il y a quelques semaines. Devant le chef-d’œuvre du peintre renaissant Domenico Ghirlandaio (1448-1494), L’adoration des mages, un tableau foisonnant et en même temps doté d’une forte unité, que j’ai pu contempler très longuement dans un musée pratiquement vide, du fait du contexte sanitaire, j’ai soudain été plongé dans l’univers de Spinoza, lui aussi, à la fois, d’une pureté mathématique et d’une abondance toutes deux extrêmes. Je vois la création comme un effort pour se placer au plus près de cette source d’où toute œuvre jaillit, artistique, philosophique ou même politique. Ainsi Churchill fut à la fois un homme d’action hors pair, un écrivain sublime et un peintre remarquable !

Je vous propose de faire un petit pas en arrière. Vous étiez connu pour vos livres de philosophie politique dont permettez-moi de citer ces titres : La démocratie sans maîtres (2017) et Les Gilets jaunes dans l’Histoire (2020). Pourriez-vous nous parler en quelques mots de votre activité de recherche et surtout des sujets que vous y abordez ?

Une contradiction m’obsède : celle qui existe entre l’idée de démocratie et sa réalité dans nos sociétés. Nous appelons démocratie des systèmes politiques où le pouvoir est remis à un petit groupe de gens socialement homogènes et qui pensent à peu près tous pareils, voire, ultimement, comme c’est le cas en France, à un seul homme ! Au lieu d’une démocratie (du grec, demos et cratos, soit littéralement le pouvoir du peuple), nous vivons dans une forme de monarchie élective, dont le collège électoral a été élargi, au fil des luttes, à l’ensemble des citoyennes et citoyens. C’est particulièrement flagrant en ces temps de pandémie, où un seul ou presque décide de mesures particulièrement lourdes de conséquence après en avoir discuté avec un conseil scientifique, dont, du reste, il ne suit pas toujours les recommandations… À titre de comparaison, lorsque Louis XIV a besoin du soutien des Français pour continuer la guerre, il leur écrit une lettre, le 12 juin 1709, pour les supplier de lui venir en aide ! Plus de trois siècles plus tard, on a parfois le sentiment d’être dans un état de sujétion comparable, quelquefois pire… Voilà à quoi j’ai décidé de consacrer mes forces depuis quelques années : comprendre comment une telle aberration peut se maintenir sous le nom de démocratie et, surtout, envisager les moyens d’en sortir.

Y a-t-il dans ces réflexions des éléments qui ont implicitement préparé votre démarche romanesque ? Autrement dit, diriez-vous qu’il y a une continuité dans vos idées qui se retrouvent dans le corpus de votre roman ?

Il y a une continuité de pensée et, surtout, de sensibilité, entre mes écrits antérieurs et ce roman. Dans les deux cas je prends pour guide l’égalité, tout comme je tâche de m’accrocher à elle dans la vie quotidienne. Quand j’étais petit, ma mère me répétait qu’il fallait toujours considérer l’autre comme son égal. Tout ce qui s’écarte de cet idéal m’est un scandale… y compris quand je constate, ce qui n’est pas si peu fréquent que cela, que je suis moi-même, par mon comportement ou mes pensées, à l’origine de ce scandale. Cette conviction, mais aussi cette expérience de l’égalité, inspirent La dignité des ombres. Pour autant j’ai essayé d’éviter autant que possible le roman à thèse, cherchant à contraindre la pensée du lecteur et de la lectrice vers une conclusion. Je me suis plutôt laissé guider par mon imagination. Elle m’a parfois emmené dans des endroits qui m’ont surpris moi-même.  

Comme il fallait s’y attendre, la fiction vous a donc ouvert des portes que vous ne soupçonniez pas jusque-là. Dans ce contexte, peut-on parler d’une vraie liberté en invoquant ce recours à la fiction ?

J’ai vraiment recherché cette liberté et cette folie vraies qui sont les privilèges de l’œuvre de fiction. À bien des égards, je trouve que l’écriture relève du psychotrope, au sens où le psychisme ne s’y comporte pas, et ne doit pas s’y comporter, comme en temps normal. Beaucoup de lecteurs de mes œuvres antérieures ont été surpris par certaines situations et certains discours de La dignité des ombres, qui semblaient entrer en contradiction avec les résultats de mes recherches ou les objectifs que je poursuis dans le cadre de mon engagement. Au début du roman, le héros, Cham, est ainsi profondément ennuyé par le fait d’avoir à  voter pour les lois de la cité, ce que les habitants de Nimrod, le monde imaginaire dans lequel se passe l’action, ont à faire quotidiennement. Comment moi qui prône une démocratie directe pouvais-je ainsi me renier ? Cette liberté prise avec mes propres convictions m’a pourtant permis, par la suite, d’approfondir et d’ajuster ma doctrine.

Avant d’entrer dans l’univers de votre roman, arrêtons-nous sur la très fine métaphore aux nuances d’oxymore qui construit son titre. Pourquoi La dignité des ombres ? Que signifie cette expression ?

La dignité est le dernier refuge de l’humanité. Ce qui lui reste quand il n’y a plus rien d’autre, que tout est perdu, ou semble l’être. J’ai effectué un tour d’Afrique il y a quelques années, au cours duquel j’ai été souvent frappé, en particulier dans des pays qui sortaient de conflits particulièrement durs, comme l’Angola, le Libéria, ou la Côte d’Ivoire, le pays de mon père, par l’attitude, d’une noblesse inouïe, de celles et ceux que tant de malheurs avaient accablés. La dignité ne signifie pas acceptation passive de sa condition. On le constatera en lisant le livre : certains citoyens de Nimrod prennent cette vertu magnifique au sérieux, au point de risquer tout pour la voir triompher. C’est que la dignité prépare la construction de soi et du monde. Surtout, le sentiment de la dignité bafouée déclenche sursaut et combat. Issu de l’immigration visible, comme on dit, j’ai toujours vécu comme de puissants stimulants les actes de racisme dont j’ai pu être personnellement victime. Il me prend quelquefois l’envie de dire merci aux imbéciles…  

Difficilement qualifiable du point de vue du genre littéraire, votre roman est à la fois un roman de science-fiction, un thriller, un roman d’anticipation, une allégorie des temps futurs. La question de cette appartenance est plus importante pour la critique littéraire que pour l’écrivain que vous êtes. Je me risque quand même de vous demander lequel de ces genres littéraires correspond au mieux à votre intention auctoriale ? 

Un critique littéraire a comparé La dignité des ombres à Blade Runner, ce qui, on l’imagine, m’a fait rudement plaisir. Tout comme le chef-d’œuvre de l’immense Philippe K. Dick (1928-1982), mon roman est un roman policier qui se déroule dans un monde imaginaire. Mais, comme l’a magnifiquement remarqué un lecteur avisé, mon ami François Vermorel, le personnage principal y est finalement Nimrod, la cité elle-même où l’action se déroule. Or c’est le propre des romans de science-fiction d’avoir ainsi pour héros ce que l’on aurait trop tendance à prendre pour un simple décor, dont, en vérité, le mécanisme agit sur les personnages et conditionne leur destin, jusqu’à ce qu’ils s’en avisent et renversent la vapeur.

À Nimrod, ville où votre récit nous amène, la société semble strictement ordonnée selon des grades et des niveaux évoquant tous la lumière ou, pour les classes inférieures, le manque de lumière. Quel rôle joue cette capacité de brillance dans l’organisation sociale de la ville de Nimrod et que dit-elle de sa représentativité en terme de libertés et de privilèges ?

Chacune, chacun y verra bien sûr les métaphores qu’il veut, mais il me semble que toute société est, comme Nimrod, organisée autour de quelques vertus et valeurs, quelquefois inconscientes, à l’origine de la distribution des biens et des hiérarchies… pour le meilleur et pour le pire. Nos ressources, en termes de culture, de relations sociales, d’accès à la décision collective, ou, bien sûr, de possession de bien matériels nous situent bon an mal an quelque part sur la pyramide sociale (un de mes professeurs d’anthropologie parlait d’une pyramide Inca, avec des paliers et un sommet plat, plutôt qu’une pente en continu), en dépit de l’affirmation réitérée de l’égalité, qui dissimule mal les inégalités réelles. Dans la société où La dignité des ombres se déroule, les choses sont simples, du moins en apparence : c’est la familiarité avec le feu qui décide de la place des uns et des autres. Source de chaleur, de lumière, et de protection, le feu est essentiel à la vie collective à Nimrod, plongé la moitié de l’année dans la nuit glaciale, et terrorisé alors par des monstres effrayants.  

Malgré cette rigide structuration et malgré les moyens dont le pouvoir dispose des événements étranges vont troubler la vie des habitants de Nimrod. L’enquêteur Cham est chargé de résoudre plusieurs énigmes. Que pouvez-vous nous dire de ce côté roman policier qui occupe la place centrale dans la géographie de votre roman ?

Un fameux penseur américain, trop peu connu en France, John Dewey (1859-1952), qualifie d’ « enquête » l’activité habituelle de l’esprit. Chaque jour, nous nous posons des multitudes de questions, qui vont de l’organisation de notre emploi du temps à des réflexions sur le sens que nous voulons donner à notre travail ou notre vie de famille… en passant par la recherche de nos clés, qui a tout d’une enquête policière ! Tout thriller se confronte ainsi à des instants tragiques où des femmes et des hommes ont eu à faire des choix, souvent catastrophiques, exacerbant, de façon tragique, ceux que nous ne cessons de faire dans notre vie quotidienne. Voilà pourquoi, je crois, nous aimons tellement les enquêtes policières, et pourquoi également j’ai choisi d’en tisser une dont les conclusions dépassent largement ce que ses instigateurs pouvaient imaginer au départ.

Quel lien existe entre l’ordre établi et la liberté individuelle dans un tel régime de hyper surveillance ? L’exemple de Cadmos, un chef d’orchestre condamné à de la prison ferme est significatif. Il considère sa punition comme proportionné à sa condition sociale. De quelle conception sociale cette soumission est-elle le visage ?

Il y a un passage très frappant dans les Entretiens d’Epictète (50-125/130 après JC), ancien esclave et philosophe stoïcien, qui vivait dans la pauvreté, et passait son temps à hurler sur ses élèves. À l’un d’entre eux, qui se plaint d’être insulté simplement parce qu’il a commis une erreur de logique en lui rétorquant que, bon, ça va, il n’a pas non plus brûlé le temple d’Apollon, Epictète réplique : « le temple d’Apollon est-il là pour que tu le brûles ? » Phrase admirable. Et en effet, il faut, pour juger, tenir compte de ce que celui qui a mal agi pouvait ou non faire. J’ai traversé pas mal d’univers sociaux du fait des différentes fonctions que j’ai exercées : professeur, conseiller dans des cabinets ministériels, conseiller d’un dirigeant du CAC 40, militant politique… il y a partout, et surtout, des gens bien intentionnés, et d’autres, en bien plus petits nombres, qui ne le sont absolument pas. En revanche, les opportunités de bien ou mal faire prennent des formes différentes en fonction des milieux sociaux. C’est vrai dans le domaine des devoirs civiques aussi. Regardez ce qui se passe à propos du réchauffement climatique. Chacun dit : « c’est aux autres de faire leur part, les industries polluent bien plus que vous et moi ». C’est vrai, mais si chacun faisait ce qu’il a à faire, je crois que la résolution du problème serait à portée de main rapidement. Et quand je dis, « ce qu’il a à faire », je ne parle pas simplement de ces petits gestes quotidiens certes nécessaires mais pas suffisants ; agir à son échelle, cela peut vouloir dire boycotter les activités polluantes, exercer une pression énorme sur les gouvernements pour qu’ils agissent enfin, voire les renverser, au regard de la gravité extrême de la situation, ou, bien mieux encore, œuvrer à une démocratie plus à même de combattre l’influence délirante des industries polluantes sur les politiques publiques. Une démocratie plus directe !

Je vous propose de rester sur ce principe de l’ordre, en nous focalisant cette fois-ci sur le concept d’ordre social, une sorte d’image de caverne sorti d’un livre de citations. À ce sujet, comment commenter ces propos au sujet du rapport entre la liberté et l’obéissance : « Souffre-t-on ? Quelqu’un nous montre comment accepter la souffrance. Est-on esclave ? Quelqu’un promet la liberté – contre l’obéissance » ?

Le passage auquel vous faites allusion est l’extrait d’un livre appelé Livre des Citations de la philosophe Thècle. C’est un livre essentiel pour les Nimrodiens, qui en font la base de leur civilisation, comme beaucoup des nôtres s’appuient aussi sur quelques textes essentiels, la plupart religieux, pour éclairer leur vie collective. Dans ce passage, il s’agit d’expliquer la naissance et le développement des religions à partir des peurs de l’être humain (celle de la mort, celle de la souffrance, celle de l’esclavage, etc.), auxquelles les croyances seraient des réponses. Je trouve que domine de nos jours, non pas la peur de la mort (que j’aurais envie de placer au principe de la diffusion du christianisme), mais celle de la souffrance psychique. Les sagesses orientales me semblent chercher à apporter une réponse à ce type de troubles intérieurs. On constate aujourd’hui la diffusion des sagesses orientales dans les sociétés occidentales, à travers des pratiques comme la méditation (pour lesquelles il existe d’excellentes applications !) ou le yoga (une discipline à laquelle ma compagne, qui l’enseigne, m’a initié pour mon plus grand plaisir). L’angoisse face aux risques actuels, comme le terrorisme, l’irruption de technologies qui percutent l’économie, ou, plus encore, le réchauffement climatique et les pandémies, sont le terreau parfait pour ces pratiques qui cherchent à apaiser, sans toutefois inhiber l’action, le trouble dont ces menaces sans vrai visage imprègnent négativement nos vies.

Et que veut dire cette phrase du rapport social des individus dans une société robotisée : « La seule chose qui tient les gens, c’est la peur d’être mal noté lors de la vérification annuelle » ?

Les Nimrodiens doivent en permanence se renseigner sur l’état de leur cité, au destin de laquelle ils sont, contrairement à nous, perpétuellement appelés à participer. Chaque année, ils sont notés sur ces connaissances, et les conséquences sont graves pour eux s’ils obtiennent un mauvais résultat. D’un côté, il est bon d’avoir des citoyennes et citoyens compétents dans une cité qui leur impose de prendre en main la vie collective. Mais de l’autre, pareil contrôle social est parfaitement effrayant. J’ai moi-même mal vécu, en tant que professeur et fonctionnaire, le fait d’être régulièrement noté par ma hiérarchie. Une pratique totalement infantilisante et humiliante. Notes, prix, avancements, récompenses, sont autant de pratiques servant à discipliner l’être humain, et même à l’avilir, au regard des lâchetés que la perspective de breloques peut provoquer chez certains.

Enfin, un autre exemple, celui de la devise de l’École qui prépare les élèves pour le Grand Concours : L’éducation sans les éducateurs/Les matières sans les professeurs/Chaque élève face au savoir seul. Drôle de devise, si contemporaine… N’est-ce pas ?

Je ne me rendais pas compte, hélas, de ce qu’elle comportait de prophétie au moment de la rédaction du livre… Mais l’idée qu’elle exprime est différente à Nimrod de ce que nos élèves auront subi pendant ces longs mois dramatiques d’isolement qui les auront tragiquement privés de l’accompagnement de leurs professeurs. Dans la cité où se déroule La dignité des ombres, les élèves peuvent en effet, s’ils le souhaitent, choisir l’apparence de ceux-ci, ainsi que des autres élèves et de leur classe, grâce à la technologie avancée dont ils disposent en matière de réalité numérique. Les élèves qui aiment l’école ne se rendent pas toujours compte de la souffrance qu’elle peut générer chez celles et ceux qui en sont les plus éloignés, et ce, en dépit de tous les efforts de la plupart des professeurs pour être les plus inclusifs possibles. Certains, certes en petit nombre, s’imaginent que le savoir est neutre, que la manière de le transmettre n’a pratiquement aucune importance, au-delà de la mise en scène narcissique de l’orateur. Je pense en particulier à ces petits Maîtres, dont j’ai eu à subir les  cours assommants à la Sorbonne ou ailleurs, d’un pédantisme inouï, qui péroraient depuis leur chaire en majesté à des élèves censés ne rien savoir… Disons que, par ce dispositif, j’ai pris ma revanche sur ces années dont je conserve un pénible souvenir. Revanche par l’écriture !

Enfin, pour conclure, je me permets de reproduire une des questions de la fin de votre roman, sans trahir la suite d’aventures qui le traversent. À la fin, les Nimrodiens arriveront à ce gouverner eux-mêmes. Deux questions persistent. « Parviendraient-ils à transformer cette partie en tout ? Ou la terreur renaîtrait-elle du brouillard qui persisterait ? » Comment répondre à ces deux questions ? Sont-elles la preuve de la fragilité permanente de toute société humaine dont Nimrod n’est qu’un prototype romanesque ?

Cher Dan, vous vous avancez en affirmant qu’ils y arriveront ! Mais je partage votre optimisme et j’espère que vous avez raison. Ce dont je suis certain c’est que, dans notre monde à nous cette fois, même si advient un système politique bien meilleur que celui dont nous sommes familiers, même si en éclot un où les citoyennes et citoyens ordinaires aient pleinement prises sur les décisions qui les concernent, au lieu d’avoir à s’en remettre à des responsables politiques chaque fois plus horripilants, ou plutôt, quand nous trouverons, collectivement, la force d’en faire triompher un pareil (et j’espère voir cela moi-même, et à vrai dire je crois que je le verrai), la vigilance devra être immense et de mise, ainsi que la volonté de toujours mieux faire, et la certitude de ne jamais en avoir fini avec l’amélioration de nos systèmes politiques et de nos mœurs démocratiques. Alors, confiance !

Propos recueillis par Dan Burcea

Matthieu Niango, La dignité des ombres, Éditions Julliard, 2021, 256 pages. 

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