Maryline Martin: « Profitons de ce temps pour inventer, réinviter de nouvelles façons d’évoluer dans cette société déjà malade d’individualisme à l’excès »

 

« Ce n’est pas l’homme qui arrête le temps, c’est le temps qui arrête l’homme »…Cette citation m’interpelle et vous ?

Depuis cette période de confinement, j’ai parfois un doute sur le jour et la date. Le calendrier joue à saute-mouton avec l’éphéméride farceur. Les journées, quant à elles sont rythmées par de nouvelles habitudes. J’ai organisé mon temps, mes journées autrement. J’ai décidé de  réinventer ma vie et ne pas céder à l’angoisse même si j’ai peur pour mes proches, ma famille et mes ami.e.s  de Paris et de Province. Je n’ai pas cédé à la panique qui consistait à partir, s’éloigner de la capitale. J’ai souhaité rester au douzième étage de mon domicile. Une façon de prendre de la hauteur. Je m’aperçois à la relecture de ce texte que je viens d’écrire : réinviter ma vie… Cocasse, l’inconscient. Je vais réinviter l’écriture de façon quotidienne au cœur de ces jours pas comme les autres. Un roman en cours, des instantanés de vie sous forme de billets d’humeur et entrer dans de nouvelles histoires par  la lecture et le cinéma.

Un de mes  livres de chevet: « Propos sur le bonheur » d’Alain. Je l’ai souvent conseillé lors de mes rencontres avec les jeunes dans les collèges et lycées. « Le bonheur dépend des petites choses ». Ce livre constitue une réflexion profonde et un guide pratique. Sur la quatrième de couverture on peut lire qu’il «  a sauvé beaucoup de lecteurs du désespoir ».

Côté cinéma, un road movie, filmé à la manière d’un documentaire : « Elle s’en va » réalisé par Emmanuelle Bercot. Catherine Deneuve solaire, drôle, émouvante. L’histoire d’une fugue, d’une escapade qui la mène, de tours en détours de la Côte Atlantique jusqu’aux monts d’Auvergne…

Deux petits exemples qui me viennent en tête. Deux bols d’air et d’humanité dans cette période confinée. Et puis, parfois, les plus beaux voyages se font immobile…

Après cette tempête bactériologique, je nous souhaite des retrouvailles heureuses, solidaires avec tous ces libraires auxquels je dois tant, avec le Beau qui nous permet de sublimer le réel.

J’espère que dans l’après, nous saurons encore soutenir ceux qui se battent pour notre santé et que les fenêtres s’ouvriront encore sur d’autres possibles. Profitons de ce temps pour inventer, réinviter de nouvelles façons d’évoluer dans cette société déjà malade d’individualisme à l’excès.

Parenthèse ou tournant dans notre mode de vie ? Telle est la question.

Maryline Martin a été journaliste littéraire sur une radio libre parisienne. Ses livres ont été salués par la critique, adaptés au théâtre et font l’objet d’études au lycée mais également à l’université. Maryline Martin est membre de la Société française des intérêts des auteurs de l’écrit, de la Maison des écrivains et de la littérature et de la Société des Gens de Lettres. Elle a publié:

  • Les Dames du Chemin préfacé par Jean-Pierre Verney Éditions Glyphe 2013, Édition enrichie 2015
  • L’Horizon de Blanche Éditions Glyphe 2015
  • La vie devant elles préfacé par Hubert de Maximy Éditions Glyphe 2017
  • La Goulue. Reine du Moulin Rouge Editions du Rocher, coll. « Actualité-documents-Histoire » 2019

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