Portrait en Lettres Capitales : Tom Noti

 

Qui êtes-vous, où êtes-vous né, où habitez-vous ?

Je suis auteur de 5 romans (déjà) publiés depuis 2012. Je suis originaire de Grenoble que j’aime et dont je me suis très peu séparé en définitive. J’habite à la campagne, face aux montagnes du Trièves et de l’Oisans, entouré des massifs du Vercors, de Belledonne et la Chartreuse dans le dos.

Vivez-vous du métier d’écrivain ou, sinon, quel métier exercez-vous ?

Je ne vis pas du métier d’écrivain. Je suis instituteur dans une école paisible du sud de Grenoble. C’est un métier que j’ai choisi et que j’aime encore exercer malgré tout.

Je n’espérais pas devenir un jour écrivain, c’était un monde hors de portée, hors de mon cadre. Être désormais publié est déjà une expérience exceptionnelle et hallucinante, alors ne plus faire que ça, je n’ose imaginer cela possible !!!!

Comment est née votre passion pour la littérature et surtout pour l’écriture ?

L’ennui ! Sans doute, l’ennui. J’étais un enfant un peu solitaire, j’avais besoin de trouver un autre monde dans lequel m’évader même si je n’étais pas du tout malheureux, loin de là… Mais ces envies d’ailleurs, ces voyages immobiles m’étaient nécessaires.

Il me semble que ce fut le même processus pour l’écriture. J’avais des phrases qui « s’imprimaient » en moi lorsque je vivais quelque chose et ces phrases disparaissaient ensuite pour ne plus rien me laisser que des sentiments. J’ai décidé un jour, de les encrer.

Quel est l’auteur/le livre qui vous ont marqué le plus dans la vie ?

Je crois que c’est le premier qui marque le pas du reste de notre chemin, donc entre Jack London et Jules Vernes mon cœur balance. Leurs récits fiévreux, épiques m’ont emmené bien plus loin que je ne l’aurais espéré !

Et puis, forcément, Albert Camus : Le premier homme

Quel genre littéraire pratiquez-vous (roman, poésie, essai) ? Passez-vous facilement d’un genre littéraire à un autre ?

J’écris des romans basés sur l’humain. Je tente parfois de passer d’un style à l’autre (plus ou moins drôle, plus ou moins dramatique, plus ou moins cynique, avec une intrigue ou pas…) mais si le costume varie un peu le gars à l’intérieur ne bouge pas tant que ça, m’a-t-on fait remarquer. Donc, il semble que j’ai un style apparemment reconnaissable, une peau à fleur de mots sous les costumes dont je me pare.

Comment écrivez-vous – d’un trait, avec des reprises, à la première personne, à la troisième ?

Je cogite mon histoire et mes personnages assez longtemps. Ce qui me permets d’écrire la version initiale très rapidement. Puis, je fais lire et je reprends tout, assez longuement là aussi.

J’aime beaucoup m’immerger à la première personne, c’est donc ma principale porte d’entrée pour une histoire surtout pour un roman choral. C’est très jubilatoire.

Parfois, en revanche, d’autres histoires me poussent vers l’extérieur, l’omniscience, et j’utilise alors la 3e personne.

D’où puisez-vous les sujets de vos livres, et combien de temps est nécessaire pour qu’il prenne vie comme œuvre de fiction ?

Les sujets sont là, à portée de mots, à portée de regards. Je suis rapidement interpellé par le récit d’une anecdote, d’un destin rencontré, d’un fait divers lu, d’une conversation, d’une petite histoire vécue et donc, l’extrapolation qui pourrait en découler. J’ai donc en réserve quantité de sujets à développer.

Choisissez-vous d’abord le titre de l’ouvrage avant le développement narratif ? Quel rôle joue pour vous le titre de votre œuvre ?

Je choisis le titre rapidement pour « ficher » mon texte. Je sais qu’il s’agit d’un titre provisoire. Néanmoins, avant la dernière phase d’édition nous revenons sur « le sujet » avec mes éditeurs, et là, cela peut aller très vite, si le titre nous parait évident ou mettre des semaines de triturations et ruminations avant d’accoucher de ce titre.  Je demande souvent des avis extérieurs lors de cette phase.

Quel rapport entretenez-vous avec vos personnages et comment les inventez-vous ?

J’aime beaucoup mes personnages. Ils sont si imparfaits !  J’aime leur sensibilité, leur mauvaise foi, leurs faiblesses, leurs failles, leurs mélancolies comme leurs soleils. Ils sont un peu comme des amis dont on connait les défauts et que l’on aime pour ça aussi.

Je leur donne certains traits de caractère de gens que j’aime ou d’autres observés mais j’essaie d’éviter la caricature. Il s’agit davantage de mix d’observations et d’attitudes synthétisées derrière un caractère.

Parlez-nous de votre dernier ouvrage et de vos projets.

Mon dernier roman s’intitule Nos silences ne sont pas des chansons d’amour. Il est sorti en novembre 2020 dans le contexte que l’on connait. Il raconte l’histoire d’un trentenaire d’origine italienne qui est un peu passé à côté de sa vie, enfin qui a regardé passer sa vie sans conviction. Il va faire une rencontre qui va modifier sa perception des choses. C’est un roman musical.

Le prochain roman paraitra en février 2023. Il s’agit d’un drame.

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