Portrait en Lettres Capitales : Céline Debayle

 

Qui êtes-vous, où êtes-vous née, où habitez-vous ?

Une métamorphose constante. Je me recompose au fil des ans, des joies et des malheurs, des voyages et des rencontres, des projets réalisés et des rêves accomplis. La vie me fait penser à une mosaïque en cours d’assemblage. Sur une base fixe, on ajoute des petits morceaux, et à la fin, on aura une réalisation. Peut-être ?

Née à Nice, j’ai gardé un profond attachement pour la Méditerranée. J’habite à Paris, et je séjourne souvent à Cythère et à Venise.

Vivez-vous du métier d’écrivaine ou, sinon, quel métier exercez-vous ?

Je vivais du métier d’auteure, quand j’écrivais des livres pratiques, traduits en plusieurs langues. Depuis que j’écris des romans, je vis, en partie, de mon métier grâce aux activités annexes, telles les conférences. 

Comment est née votre passion pour la littérature et surtout pour l’écriture ?

Ma passion de la littérature est née grâce aux bébés de ma maîtresse d’école, dans un village de l’arrière-pays niçois. De neuf à onze ans, j’étais sa baby-sitter, et, en échange, elle me donnait des livres. Un choix varié  allant de la Comtesse de Ségur à Jack London. L’écriture est venue à la même époque, par mimétisme. Je m’amusais à rédiger des historiettes, ensuite, vers l’âge de quatorze ans, des poèmes. Puis l’écriture est devenue mon métier. J’ai été grand reporter, et, plus tard, journaliste de presse écrite.

Quel est lauteur/le livre qui vous ont marqué le plus dans la vie ?

Baudelaire, découvert à seize ans, avec « Les Fleurs du Mal ». Un recueil emporté dans tous mes voyages, du Maroc au Vietnam, du Congo au Népal…

Quel genre littéraire pratiquez-vous (roman, poésie, essai) ? Passez-vous facilement dun genre littéraire à un autre ?

J’ai écrit une biographie de Lawrence d’Arabie ( chez Séguier), et un court essai sur le Pakistan (au Seuil). À présent, je me consacre entièrement au roman. La poésie est pour moi une déesse. Je serais incapable d’écrire des poèmes assez forts pour l’honorer.

Comment écrivez-vous – dun trait, avec des reprises, à la première personne, à la troisième ?

J’écris quelques lignes seulement que je retravaille beaucoup. Au début mon texte ressemble à une tapisserie ne tenant que par quelques fils. Je le restaure en consolidant la trame, ajoutant des couleurs, des personnages. En coupant, resserrant, mélangeant, déplaçant, supprimant les noeuds et les accrocs.

Première ou troisième personne ? Cela dépend du sujet. « Baudelaire et Apollonie, le rendez-vous charnel » à la troisième personne, « Les Grandes Poupées » à la première.

Doù puisez-vous les sujets de vos livres, et combien de temps est nécessaire pour quil prenne vie comme œuvre de fiction ?

Le temps nécessaire, minimum deux ans. Je puise les sujets au hasard des jours ou dans ma vie mouvementée. « Baudelaire et Apollonie », c’était au musée d’Orsay en voyant, pour la énième fois, « Femme piquée par un serpent », la sculpture de Clésinger. Et « Les grandes poupées »,  à partir d’une  singulière douleur d’enfance.

Choisissez-vous dabord le titre de louvrage avant le développement narratif ? Quel rôle joue pour vous le titre de votre œuvre ?

Il n’y a pas de règle. Pour le premier roman, le titre s’est imposé avant d’écrire la première ligne, pour le deuxième la quête fut longue. Et puis, un jour, une évidence, « Les grandes poupées », car ce titre a plusieurs facettes et correspond à un moment décisif du roman.

Le titre est important. Porte d’entrée du texte, il ne doit pas le trahir.

Quel rapport entretenez-vous avec vos personnages et comment les inventez-vous ?

Je les aime, tant mieux car je vis longtemps avec eux. Baudelaire et Apollonie, ayant existé, je les ai inventés uniquement dans les passages où il n’y avait pas de documentation les concernant. Les personnages des Grandes poupées, eux,  sont sortis de ma mémoire et de la fiction..

Parlez-nous de votre dernier ouvrage et de vos projets.

« Les grandes poupées », éd. Arléa (rentrée littéraire 2020). C’est un huis-clos familial : deux mères et deux fillettes dans une maison isolée du Sud. Les hommes sont loin mais les tourmentent. En toile de fond le milieu marseillais et la guerre d’Indochine.

Parmi mes projets, un troisième roman en cours d’écriture, dont l’un des personnages est Venise. Un troublant trio : amour, douleur, beauté.

 À noter aussi une pièce de théâtre écrite par Philippe Touzet, belle adaptation pour la scène de mon roman « Baudelaire et Apollonie ». À suivre… 

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