Portrait en Lettres Capitales : Lavinia Bălulescu

 

Qui êtes-vous, où êtes-vous née et où habitez-vous ?

Je suis Lavinia Bălulescu. Je suis née à Drobeta-Turnu Severin, en Roumanie. À partir de l’âge de 19 ans, j’ai vécu successivement à Timișoara, Bucarest et Cluj-Napoca. Actuellement j’habite à Cluj-Napoca.

Gagnez-vous votre vie en tant qu’écrivain, sinon quel métier exercez-vous ?

Je ne vis pas de l’écriture. J’ai travaillé dans la presse jusqu’à il y a deux ans, quand j’ai démissionné et même changé de ville. En ce moment, j’occupe le poste de chargée de mission pour les contenus et la partie créative dans une école internationale de Cluj-Napoca (Transylvania College). Pendant mon temps libre, je travaille également dans le domaine du journalisme (je collabore, par exemple, avec certaines publications littéraires).

Comment est née votre passion pour l’écriture ?

 J’ai commencé à écrire alors que j’étais enfant. Je n’ai pas d’explication très claire, mais je me dis que l’écriture est venue naturellement vers moi, étant donné que j’ai depuis toujours vécu dans une maison avec beaucoup de livres, à quoi s’ajoutent les encouragements reçus de la part de mes parents. Cela tient probablement du fait que mon père, Constantin Bălulescu, est également passionné par l’écriture. Il y a quelques années, il a publié un recueil de poèmes et il travaille en ce moment à la rédaction d’un second.

 Quel est l’auteur/livre qui vous a le plus marqué dans votre vie ?

 Ileana Roman, écrivaine de Drobeta-Turnu Severin. Si je ne l’avais pas rencontrée à l’adolescence, je ne vois pas comment j’aurais pu être celle que je suis aujourd’hui. C’est elle qui m’a réellement appris à écrire et à lire.

Quel genre littéraire pratiquez-vous (roman, poésie, essai) ? Passez-vous facilement d’un genre à un autre ?

J’ai écrit de la poésie, aussi bien qu’un roman et des nouvelles. Ce n’est pas facile pour moi de passer d’un genre à l’autre et je ne tiens pas expressément à le faire régulièrement. En réalité, j’ignore pour quelle raison, mais cela m’arrive de « glisser » entre les genres.

Comment écrivez-vous — d’un seul trait, avec des reprises, à la première ou à la troisième personne ?

Je n’ai pas d’habitudes particulières ni de recettes. Je passe avec autant de facilité d’une manière d’écrire à une autre. Par exemple, mon dernier livre, Steinhardt. Bughi mambo rag (aux éditions Polirom), je l’ai écrit sous trois points de vue, sous forme de trois témoignages, et le choix de l’angle d’approche m’a donné le plus de fil à retordre. Après avoir compris que je tenais le bon fil, tout est allé plus vite. De plus, comme procédé littéraire, ce n’est pas un livre écrit de manière linéaire, mais en plusieurs plans, un livre sur lequel je suis revenue sans cesse. Un puzzle qui s’est finalement transformé en une image nette.

Où choisissez-vous les sujets de vos livres et combien de temps vous faut-il pour leur donner vie en tant qu’œuvres de fiction ?

Mon dernier livre, que je viens d’évoquer, m’a pris moins d’un an à l’écrire, mais c’est aussi parce que j’avais un délai fixé à l’avance par l’éditeur. Dans d’autres cas, cela me prend plus de temps. Steinhardt. Bughi mambo rag est une biographie romancée qui s’inscrit dans une série lancée par les éditions Polirom, mais c’est moi qui ai choisi le personnage de cette biographie. Habituellement, mon cœur bat pour des sujets qui m’intriguent, m’émeuvent, me font ressentir quelque chose qui me remue.

Choisissez-vous le titre de l’œuvre avant le développement narratif  ? Quel rôle joue le titre d’une œuvre pour vous ?

Cela dépend. J’ai publié le roman La mine-n cap [Dans ma tête] il y a plusieurs années déjà. Le titre m’est venu après avoir écrit le livre, mais avant de le commencer, je savais très clairement quelle en serait la première phrase. Pour Steinhardt. Bughi mambo rag, j’avais le titre une fois arrivée vers la fin du livre. Pour Zmeii sunt de treabă [Les braves dragons], le titre m’est venu après l’écriture du livre. Pour le recueil de nouvelles auquel je travaille actuellement, le titre s’est imposé après l’écriture de la première histoire. Pour moi, le titre est vital, comme un organisme vivant qui n’élit domicile chez-moi qu’à sa propre convenance, une fois le moment venu, peu importe combien de temps je l’aurais cherché auparavant.

Quel est votre rapport aux personnages et comment les inventez-vous ?

J’aime mes personnages. Après avoir passé beaucoup de temps en leur compagnie, j’en viens à penser à eux avec une immense empathie, car ils incarnent souvent des bribes de personnes de ma vraie vie.

Parlez-nous de votre dernière œuvre et de vos futurs projets.

J’ai déjà évoqué Steinhardt. Bughi mambo rag, mon dernier livre. En ce moment, je travaille comme je l’ai dit sur un recueil de nouvelles. En fait, c’est un livre sur lequel je planche constamment depuis de bonnes années, quand je n’ai pas d’autres projets en cours. J’espère le finir un beau jour.

(Traduction du roumain, Gabrielle Sava)

 

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