Bien loin du reste – la bonne distance que nous propose Hélène Révay

 

Voici Bien loin du reste, le livre que nous propose Hélène Révay, dont nous avions déjà fait l’éloge de son talent lors de la parution de son précédent volume de poésies, Poèmes sous vide.

Elle nous convie à présent à une écriture en prose, structurée en petits chapitres dans une histoire que son personnage déroule pour nous parler de ses combats, de ses doutes et de ses pérégrinations intérieures. Car, en effet, pour cet homme qui prône au fil des pages son anormalité (« il me semble que je suis loin d’être normal »), il est question de voyages et de stratégies, de calculs et d’aventures semblables à un exercice dont la meilleure définition serait, selon lui, celle d’un « permanent tête à tête avec moi-même […] en toute simplicité ».

Longtemps suspendue à un point de départ voulant convaincre plutôt de sa volonté d’action que de ses hésitations, le récit veut plutôt saisir l’importance de sa décision de changement, considérée capitale et nécessaire. Tout est ici essentialisé, regardé à la loupe, à tel point que l’idée prend le dessus de l’acte, rappelant l’adage d’un Antonio Machado dans Campos de Castilla : « Caminante! No hay camino, se hace camino al andar » (Voyageur ! Il n’y a pas de chmin, le chemin se construit en marchant). Chez le personnage d’Hélène Révay, ce voyage prend presque la même tournure, comme dans cet exemple : « Du soir au matin, du matin au soir et d’un même élan ! Partant d’un même objectif. D’une même soif. D’une même décision. Partant de quelque chose, allant vers quelque chose, poursuivant un but. N’engageant rien à part soi-même. Ne bousculant personne, à part soi-même ». 

Alors, parce que tout récit possède nécessairement une intrigue et un dénouement, laissons ici au lecteur le plaisir de découvrir en détail le contenu et la fin de ce petit bijou narratif, sorti tout droit de l’écriture délicate mais affirmée de cette jeune auteure qui n’a pas fini à nous surprendre par son verbe.

Hélène Révay, Bien loin du reste, Éditions Sans Escale, 2020, 30 pages.

 

 

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