Florence Herrlemann : « Profitons de cette trêve pour nous réinventer »

L’heure se fait lente si on passe son temps à scruter l’interminable progression des aiguilles sur le cadran.

Dix jours déjà d’un confinement qui ne fait que commencer.

Poser des jalons.

Garder le rythme.

Encore.

Changer sa perception des choses, du monde, pour ne pas perdre de vue l’essentiel.

Continuer de vivre, de faire, de créer, d’exister, d’aimer.

D’AIMER.

Être libre, d’y parvenir ou pas.

Ne rien lâcher.

Lire, découvrir et relire et redécouvrir ce que l’on croyait acquis.

Surprises.

Apprendre, s’essayer à, réussir ou pas.

En rire et recommencer.

L’autre, la chance qu’il soit là, en bonne santé.

Le regarder autrement, mieux, différemment.

Tendrement.

Ne plus l’entendre pour mieux l’écouter.

Re-concevoir ce que l’on croyait compris.

L’autre, qui n’est plus.

À quoi ça tient ?

Si peu de choses.

Fragile et précieux, l’autre.

Compassion.

Dans les hôpitaux, des femmes, des hommes luttent pour vivre.

L’espoir, cette force qui nous échappe.

 Dans les hôpitaux, des femmes et des hommes luttent pour maintenir la vie.

Des Femmes et des Hommes hauts en couleurs.

MERCI.

Ailleurs, des consciences s’éveillent, donnent, calment, assistent, protègent, rassurent, facilitent, partagent, sourient et font sourire.

Porteurs de lumière.

MERCI.

Ceux qui dorment encore dans les ténèbres de leurs convictions décadentes, finiront, fatigués par leur propre aberrance, par ouvrir les yeux devant tant de clarté.

Dans l’invisible, les voix diffusent des torrents de mots bienveillants.

Des mots en abondance qui s’inscrivent sur les écrans.

Des mots tissés de bonté.

Des mots de notre essence oubliée et renaissante.

Ces instants de confinement, derrière la sombre consonance, tentent de laisser percer un peu de la sagesse qui nous fait grandir.

Gardons nos villes silencieuses, nos rues désertées, nos campagnes somnolentes.

Profitons de cette trêve pour nous réinventer.

Profitons de ce temps qui nous est donné pour en saisir chaque subtilité.

Demain sera vite là.

 

Florence Herrlemann est née à Marseille. Elle navigue entre Lyon, où elle vit, et Paris, où elle travaille. Premier bain artistique à 15 ans à Nice, avec trois ans de cours de théâtre. Plus tard, à Paris, ses rencontres avec de nombreux artistes lui permettent de « toucher » à la musique et à la sculpture avant de décider, en 2003, de passer derrière la caméra. Elle réalisera, entre autres, un film de sensibilisation à l’enfance maltraitée, diffusé par le Ministère de la Famille. Le festin du lézard, est son premier roman. Son deuxième roman, L’appartement du dessous (Albin Michel) est en lice pour le Prix du second roman, pour le festival du prix Horizon à Marche-en-Famenne, Belgique et aussi en lice pour le Prix « roman Cabourg » au salon du livre de Cabourg.

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