Isabelle Flaten: « Si la littérature est impuissante à changer le monde elle en est l’épicentre »

Pandémie, entre craintes et espoirs que peut la littérature, nous demande Dan Burcea. Sans doute rien de plus qu’en temps ordinaire sinon accompagner l’oscillation du mieux possible. Quitte à poursuivre une chimère – quelle importance quand tout va de travers – qu’en un livre chacun puisse trouver une raison d’y croire encore ou de s’abandonner à l’ivresse d’une fugue ! Peu importe la balade, seule compte la rencontre. Si la littérature est impuissante à changer le monde elle en est l’épicentre, le lieu du séisme intérieur là où les certitudes sont ébranlées, des forteresses à jamais démolies, la parole dévoilée et au bout du texte parfois un sortilège, le sentiment d’être au plus près de l’autre, moins seul face au désarroi, prêt à poursuivre la route ou le combat ensemble. À moins que la littérature ne soit qu’un simple accessoire, un fil suspendu entre le rêve et la réalité pour nous permettre d’avancer dans l’existence en parfaits funambules, c’est envisageable. Mais face à l’effroi, le livre nous tombe des mains, c’est certain.      

Bibliographie d’Isabelle Flaten:

Adelphe (roman), Éditions Le Nouvel Attila – 2019, Prix Erckmann Chatrian; Ainsi sont-ils (nouvelles), Éditions Le Réalgar – 2018; Bavards comme un fjord (roman), Éditions Le Réalgar – 2017; Chagrins d’argent (roman), Éditions Le Réalgar – 2016; Lettre ouverte à un vieux crétin incapable d’écraser une limace, Éditions Le Réalgar—2016, Se taire ou pas (nouvelles), Éditions Le Réalgar – 2015; Les noces incertaines(roman), Éditions Le Réalgar – 2014; Les empêchements (nouvelles), Éditions La Dernière Goutte – 2012; L’imposture (avec Anne Gallet) (roman), Éditions La Dernière Goutte – 2008