Tom Noti : « La littérature est une couverture de survie en cette période de repli, d’angoisse et de suspicion ».

La littérature est une fuite.

J’ai fui l’ennui de l’enfance en lisant, j’ai fui la réalité en lisant, j’ai fui la peur, le terne de l’existence, la cruelle lumière sociale en lisant.

Je fuis toujours en marchant dans les pas des auteurs que j’aime, en empruntant leurs mots que je ne saurais prononcer et leur courage de vivre ce que je n’ose pas vivre. Je m’exile dans leurs voyages sans la lourdeur de mes bagages. Je frémis des vents qu’ils affrontent et dont je me calfeutre.

Alors oui, la littérature est une couverture de survie en cette période de repli, d’angoisse et de suspicion. Je m’y replie, je m’y enterre et comme toujours, elle me permet de respirer.

Je n’ignore pas la douceur d’un pendant, béat et peut-être effrayamment inconscient.

Je n’ignore l’espoir d’un APRES, ce petit mot anodin, écrit en majuscules tout à coup, sur tellement de lignes.

Je n’ignore pas que certains écrits pourraient m’apporter quelques éclairages sur ce que vivent ces autres qui se disent à l’unisson pour une fois.

Je n’ignore pas les journaux nombrilistes qui se prétendent universels et les regrets et les hontes parfois, que ces « modes d’emploi opportunistes » génèreront plus tard.

Mais ce que je préfère dans la littérature, ce sont les lumières d’un ailleurs, d’un autrement. 

Tom Noti est né à Grenoble où il a vécu la majeure partie de sa vie.

Enseignant dans une école primaire, il a mis longtemps à oser se lancer dans l’écriture de romans. Cette retenue fait qu’aujourd’hui, il écrit sans cesse.

D’origine italienne, on retrouve cette influence dans ses écrits qui parlent de la vie, des fêlures des êtres, des fragilités qui se révèlent derrière certains masques et des forces insoupçonnées des plus fragiles.

Romans :

Souligner les fautes (éditions ASSYELLE) 2012 : L’histoire d’un instituteur qui n’aime pas les enfants !

Epitaphes (éditions ASSYELLE) 2015 :  Après un choc émotionnel, un homme tente de retrouver les quelques années d’enfance effacées de sa mémoire.

Les naufragés de la salle d’attente (Éditions Paul & Mike) 2017 : Un accident de tramway plonge un quartier entier dans le noir et le prive d’électricité. Dans le cabinet d’un psychologue, à la porte d’entrée électrique, trois personnes se retrouvent enfermées dans la salle d’attente. Des personnes que tout oppose.

Elles m’attendaient (Editions La Trace) 2019 : Un homme au passé douloureux n’arrive pas refuser l’amour d’une femme, il se retrouve père et ses fantômes le rattrapent.

 

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