Portrait en Lettres Capitales : Dumitru Augustin Doman

 

Qui êtes-vous, où êtes-vous née, où habitez-vous ?

Je suis Dumitru Augustin Doman, né à Șovarna – Mehedinți. J’habite actuellement à Curtea de Argeș.

Vivez-vous du métier d’écrivaine ou, sinon, quel métier exercez-vous ?

En Roumanie, personne ne vit du métier d’écrivain, chacun exerce un métier qui lui permet de vivre. Aujourd’hui, je suis retraité, après avoir occupé, les douze dernières années, le poste de rédacteur-en-chef de la revue culturelle Argeș.

Comment est née votre passion pour la littérature et surtout pour l’écriture ?

Presque naturellement, je dirais, en même temps que la passion pour la lecture. À partir de l’âge de 17 ans j’ai été à la fois lecteur et écrivain.

Quel est l’auteur/le livre qui vous ont marqué le plus dans la vie ?

J’ai été surtout attiré par la littérature russe. Mon auteur de cœur est Ivan Bounin, prix Nobel de littérature en 1933. Ce que différencie son œuvre de celle des autres grands auteurs russes c’est qu’elle s’est imprégnée de l’influence de la littérature occidental-européenne, ce qui a fait de Bounin un grand styliste. D’ailleurs, il a passé une grande partie de sa vie dans un village français.

Quel genre littéraire pratiquez-vous (roman, poésie, essai) ? Passez-vous facilement d’un genre littéraire à un autre ?

J’écris des nouvelles, des essais et de la critique littéraire. J’ai fais du journalisme pendant 15 ans. Je n’ai jamais mélangé les genres, je choisis l’un ou l’autre selon mes humeurs.

Comment écrivez-vous – d’un trait, avec des reprises, à la première personne, à la troisième ?

J’écris habituellement sans difficulté, car je ne la fais pas sous la pression. J’écris juste quand j’ai quelque chose à dire et quand je n’arrive plus à retenir mes élans intérieurs, et jamais par obligations éditoriales. J’écris à la première personne, même si dernièrement, j’ai opté pour la troisième personne qui est plus pertinente pour le genre satyrique difficile à construire à la première personne.

D’où puisez-vous les sujets de vos livres, et combien de temps est nécessaire pour qu’il prenne vie comme œuvre de fiction ?

Je répondrais par vous dire que mes livres s’écrivent tout seuls, dans le sens qu’ils paraissent d’abord sous forme d’articles dans différentes revues et seulement après je les réunis dans différents volumes. Je suis actuellement un rythme de deux livres par an, même si je ne publie qu’un seul, estimant qu’il est indécent de publier plusieurs volumes par an. Mes nouvelles sont inspirées de la vie sociale et politique actuelles qui dépasse toute fiction.

Choisissez-vous d’abord le titre de l’ouvrage avant le développement narratif ? Quel rôle joue pour vous le titre de votre œuvre ?

Le titre est, sans doute, important, mais je ne commence jamais par ce choix. Souvent il est la dernière chose à décider, même quand le livre est déjà terminé.

Quel rapport entretenez-vous avec vos personnages et comment les inventez-vous ?

Mes personnages sont des malotrus, des politiciens véreux, des femmes légères, des gens incultes et agressifs, mais malgré tout je les conçois avec une infinie sympathie.

Parlez-nous de votre dernier ouvrage et de vos projets.

Mon dernier livre, paru cette année, est un recueil d’articles dont le titre 366 de însemnări din anul pandemiei [366 notes durant l’année de la pandémie] dit tout sur son contenu. Pendant toute une année, j’ai tenu un journal, avec des notes liées ou non à la pandémie, ce qui a donné à la fin une sorte de mosaïque à la fois livresque et réaliste. C’était du moins mon intention, confirmée par les chroniques et les récensions paru jusqu’à présent.

(Traduit du roumain par Dan Burcea)

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