Parme Ceriset – Poèmes inédits

Marées de vie et de mort

La menace gronde comme un roulement d’iode,
À chaque marée montante un être tombe 
Dans des bras de guerre ou des bras de mort…
Depuis l’aube des temps, l’océan les emporte, 
Ces grains de vie fragiles comme les feuilles mortes
Des arbres immergés
Qui peinent à survivre.
On scrute ces regards qui luisent au cœur des vagues, 
Qui sourient une dernière fois face au néant.
L’écume indifférente s’avance lentement 
Et fait l’amour au sable…

Éternellement.

J’ai dompté la nuit

J’ai dompté la nuit

Car j’ai marché dans son cœur sombre 

Où nul espoir ne filtrait

Entre les branches de l’immonde…

J’ai dompté la nuit

Sais-tu que j’ai mordu la mort

Qui avançait sur le chemin

Son ombre immense de néant ? 

Sais-tu que j’ai vaincu les ronces 

Qui sur ma peau ont laissé 

Des marques de leurs dents de monstres

Où perlait mon sang bleu de louve

Scintillant de constellations ?

J’ai dompté la nuit

Car j’ai dansé dans la clairière 

Sur le corps de l’homme des forêts,

Mon chant, comme une prière

À l’extase retrouvée…

Le ciel sur ma peau

Je garde toujours un peu de ciel 
En talisman sur la peau, 
Je suis de nuages et d’azur
L’horizon et son mystère 
Me tiennent chaud.

Un jour se lèvera

Un jour se lèvera à l’horizon,
Un jour frais comme une rivière, 
Un jour doux comme une cerise blanche, 
Un jour où tout se remettra à danser 
Sous un ciel pervenche, 
Un jour où nous pourrons oublier
Nos plaies et nos cicatrices,  
Un jour où nous sourirons 
En revenant de l’apocalypse.

Danse ardente

Danse,

Souverain de la nuit

Contre mon corps brûlant,

Ton ombre de mystère

Effleure ma peau d’ambre…

Danse,

Sous les feux du couchant,

Tes lèvres bleues de pluie

Et tes yeux de comètes

Embrasent mes pupilles

Et enflamment ma langue…

Danse,

Te frôler électrise

Mes flammes d’étamines

Et j’ancre ton pistil

Dans l’antre de mes songes…

Danse,

Comme un chêne bercé

Par le vent des passions

Qui pénètre l’aurore,

Et chevauche les anges…

Danse, danse, danse,

Je te veux :

Je cueille une étoile,

Je la mange.

Amant de nos ténèbres

Et te voilà debout

À attendre mes pas

Sur les chemins de lune

Qui me mènent à toi

Et dans les draps de nuit

Où tu m’as élue Reine

Mes crocs contre ton cou

Dans l’étreinte des plaines

De jadis et demain…

Amant de nos ténèbres…

Saveur d’éternité

Nous ne sommes qu’un éclat de soleil un peu fou

Qui passe en éclair dans la Nuit,

Une saveur de sucre blond

Qui fond sur la langue de l’oubli,

Un sourire, la lueur d’un regard

Qui danse comme un brin de vanille

Dans les bras d’un destin de flammes,

Un nuage d’éternité

Posé en flots de chantilly

Dans un océan de café,

Et Vie indigo qui nous tend

Ses étoiles acidulées,

Ses biscuits d’or sucré-salé,

Ce délicieux mirage

D’éternité.

Ceux qui sèment

Ceux qui sèment

Résistent dans la nuit

Lorsque tout meurt autour

Et que les pluies de morts

S’abattent sur le monde.

Ceux qui sèment

Sont les fleurs de combat

Des terres cicatricielles

Criblées de métal blanc

Et matraquées de bombes…

Ceux qui sèment

Répandent l’espérance

En graines de jouvence,

En larmes d’arc-en-ciel…

Et toi, toi qui sais l’écho sombre

Des nuées ardentes,

Tu sèmes un peu de toi dans mon âme brûlante

Et je me fonds à toi…

Incandescence

Pas un mot sur les rives framboise
De mes lèvres frôlées par la brise, 
Je savoure en silence le temps 
Qui égrène ses secondes dansantes 
Et la valse de quelques flocons
Dans mon âme en incandescence.

Chants de renaissance

Il y a des chants parfumés de soleil 
Qui viennent éclore dans les sous-bois,
Il y a des chants que l’on arrache à la mort
Dans les catacombes du moi, 
Des chants qui ressuscitent l’écume des mirages
Les parfums d’antan,
Des chants qui en disent long 
Sur la couleur des rêves, 
Sur l’or des amants, 
Des chants qui peignent de leurs doigts de harpe
D’ultimes arpèges, 
Des chants qui célèbrent la vie
Comme un discret sortilège,
Des chants qui rayonnent dans les sourires 
Et dans les regards,
Ces chants qui embrasent les ténèbres 
De leurs danses folles,
De leurs notes d’étoiles. 

Parme Ceriset, 24 mars 2021

Passionnée de poésie et membre de la Société des Poètes Français, Parme Ceriset navigue entre Lyon et le Vercors où elle puise son inspiration. Elle publie des textes dans des revues de poésie dont Le Capital des mots, l’Ardent Pays, la revue Lichen, la revue Ressacs, la revue Francopolis rubrique Terra Incognita, la revue Cabaret numéro hors série Tour du monde, la revue Traction-brabant (numéros 88 et 90), la revue Bleu d’encre (numéro 43), la revue Florilège 181, la revue Saraswati nuyméro 16, la rubrique Soliflores de la revue Nouveaux délits, la rubrique Cosmos de la revue Le Coquelicot, l’anthologie internationale Voix de femmes organisée par la plateforme littéraire Plimay et sur son blog “la plume Amazone”. Son recueil “N’OUBLIE JAMAIS LA SAVEUR DE L’AUBE – Une Amazone contre la mort (2019) a fait l’objet d’une chronique dans La Cause littéraire où elle est devenue depuis l’une des rédactrices. Elle a publié fin janvier 2021 le recueil “LE SOUFFLE DE L’ÂME SAUVAGE – Libre comme louve” aux éditions du Lys bleu puis le roman autobiographique “LE SERMENT DE L’ESPOIR – Que la vie souffle encore demain” chez L’Harmattan qui fait écho à son parcours totalement atypique. Elle a en effet grandi avec une maladie rare, a exercé en tant que médecin puis a été sauvée par une greffe des poumons après avoir passé quatre ans sous oxygène. Dans ce roman qui est une ode à la vie, à l’espoir, à la nature et à l’Amour, elle défend une conception artistique de l’existence en déroulant le récit par petites touches, à la manière d’une fresque impressionniste.

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