Portrait en Lettres Capitales : Ana Săndulescu

 

Qui êtes-vous, où êtes-vous née, où habitez-vous ?

En principe, quand je ne suis pas une employée passionnée de Gamming et iGamming, je suis écrivaine et traductrice. Malgré mon jeune âge, j’ai déjà publié trois livres et traduit quatre romans. J’ai deux master en Management des Organisations et en Psychologie des Ressources humaines ; j’aime pousser les limites. Pendant mon temps libre, je fais de la programmation de sites Internet et je propose de la consultation littéraire. Je suis une femme engagée au sens propre et figuré.

J’ai grandi à Vaslui, une ville au nord-est de la Roumanie ; depuis 7 ans, je vis à Bucarest.

Vivez-vous du métier d’écrivaine ou, sinon, quel métier exercez-vous ?

L’écriture et la traduction littéraire révèlent une autre facette de moi-même : plus émotive, plus artistique. Je travaille depuis quelques années dans les domaines que j’ai déjà mentionnés, tout en étant gestionnaire de plusieurs affaires qui m’appartiennent. J’ai même appris à investir en bourse. Loin de vouloir transformer en une emblème ma qualité d’écrivain, j’ai voulu pousser mes limites de manière constante. Je cherche à être une renaissance woman.

Comment est née votre passion pour la littérature et surtout pour l’écriture ?

Je dois tout à ma grand-mère, elle a été mon ange gardien. C’est à elle que je dois la passion de donner libre cours à ma créativité. Et c’est encore elle qui m’a donné l’idée de me retirer dans un endroit intime et rempli de végétation, un espace qui n’était autre que le balcon de notre appartement de Vaslui qui, de son hauteur et par sa majesté de verdure, régnait sur le petit monde de notre quartier et ressemblait à une cabane accrochée au sommet d’un arbre, lieu propice où j’ai écrit mes premiers contes fantastiques.  

Depuis quelque temps, l’écriture est devenue ma méthode préférée capable de dompter toutes les informations ou les découvertes qui arrivent jusqu’à moi. Je les mâche, je les digère sur le papier. C’est ainsi qu’apparaissent de nouvelles connexions, des personnages plus élaborés et des contextes plus réussis.

Quel est l’auteur/le livre qui vous ont marqué le plus dans la vie ?

Milan Kundera. De Risibles amours, La Plaisanterie, Le livre du rire et de l’oubli¸ L’Identité¸ La vie est ailleurs et jusqu’à L’Insoutenable légèreté de l’être. Un écrivain profond et bouleversant. Subtil, effervescent et réaliste. Comment ne pas être fascinée ?

Quel genre littéraire pratiquez-vous (roman, poésie, essai) ? Passez-vous facilement d’un genre littéraire à un autre ?

J’aime beaucoup expérimenter ; je prends comme témoin mes projets littéraires : un roman, un recueil d’entretiens sur les groupes littéraires de Jassy des années ’90 et un recueil de poésies. Pour répondre à votre seconde question, je me permets de reproduire un de mes poèmes publiés dans ce dernier recueil :

« Combien de fois j’ai tremblé devant les grandes éclats de lumière

juste pour découvrir quelques secondes plus tard

que j’avais affaire à de pauvres, de stériles étincelles

que le regard que je jetais sur les ondes trompeuses du lac

provenaient de l’angle mort.

Personne ne parle de la difficulté du passage

d’un registre à un autre,

de l’acceptation délicate d’un nouveau partenaire,

de comment jongler avec les émotions, à la fois être mère et

s’accrocher à tout prix à sa liberté.

Il  est tellement facile d’écrire sur moi-même, sachant que le résultat n’est

qu’une constellation des dimensions d’un gâteau qui a tourné.

Comment écrivez-vous – d’un trait, avec des reprises, à la première personne, à la troisième ?

Les livres publiés jusqu’à présent ont été écrits à la première personne, malgré que les premières versions aient été conçues à la troisième. J’ai pu garder ainsi une grande part d’objectivité, laisser respirer mes personnages sans risquer de les contaminer de mes propres ressentis. Je reviens très souvent sur mes premières versions. Pour moi, l’écriture est plutôt le résultat du travail et dans une moindre mesure celui du talent. Elle demande des lectures, beaucoup de recherches et du travail sur soi-même. Souvent, je m’accorde une pause dans mon manuscrit pour y revenir quelques jours plus tard avec une vision plus claire.

D’où puisez-vous les sujets de vos livres, et combien de temps est nécessaire pour qu’il prenne vie comme œuvre de fiction ?

De ma propre expérience de vie, de la vie de mes proches, des livres et des films, parfois même des jeux vidéo, tout m’inspire ! La vie est comme un lac rempli de poissons semblables à des idées qui n’attendent que d’être capturés au plus vite. Il y a tant des choses autour de nous qui nous inspirent que je plains les gens qui disent « s’ennuyer ».

Choisissez-vous d’abord le titre de l’ouvrage avant le développement narratif ? Quel rôle joue pour vous le titre de votre œuvre ?

Je choisis d’abord un titre indicatif qui me sert de guide, mais je suis prête à changer à tout moment. La meilleure solution est celle des petits pas. Du point a au point b, tout en ayant en vue le parcours du projet.   

Quel rapport entretenez-vous avec vos personnages et comment les inventez-vous ?

Un rapport d’empathie et de bon sens. Mes personnages sont mes meilleurs amis, mais aussi mes instruments de travail dans mon art.

Parlez-nous de votre dernier ouvrage et de vos projets.

Mon livre le plus récent a pour titre La topirea ghețarilor (« À la fonte des glaciers ») ; un livre où la peinture et la poésie se réunissent pour faire naître la magie. Pour l’instant, il semble bien parti dans le cœur des lecteurs.

Mes projets futurs appartiennent au présent continu. Une présent où il n’y a pas de place pour le mot « ennui » et où je souhaite être en bonne santé pour réaliser tout ce que je me suis proposé de faire et avoir, en plus, la force d’aider mes proches. Stay tuned.

(Traduction du roumain, Dan Burcea)

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