Portrait en Lettres Capitales : Martine Rouhart

 

 

Qui êtes-vous, où êtes-vous née, où habitez-vous ? 

Je suis Martine Rouhart, née à Mons, en Belgique (partie francophone) en novembre 1954. J’ai quitté ma ville natale pour faire mes études de Droit à Bruxelles et j’y ai exercé le métier de juriste-fiscaliste durant 40 ans. Depuis toutes ces années, j’habite au Sud de la capitale, entre les champs et la forêt de Soignes.

Vivez-vous du métier d’écrivain ou, sinon, quel métier exercez-vous 

J’ai donc exercé le métier de juriste et je suis maintenant comme on dit « à la pension », bien que pour moi c’est en fait une nouvelle vie et de nouvelles activités passionnantes qui se sont ouvertes. Je publie depuis seulement une bonne dizaine d’années.

Comment est née votre passion pour la littérature et surtout pour l’écriture ? 

Les livres font partie de ma vie depuis mon enfance, en grande partie grâce à mon père qui était professeur de français et avec qui j’ai noué très tôt une complicité littéraire. Depuis toujours j’écris des « petits textes pour personne ». C’est un grave problème de santé, survenu en 2009, qui m’a donné l’impulsion nécessaire pour aller jusqu’au bout de mon rêve, écrire et publier un premier roman. Depuis, l’écriture est devenue mon activité principale. Je participe aussi à la vie littéraire de mon pays au travers de nombreuses associations, notamment par la rédaction de chroniques de livres et la présentation d’auteurs.

Quel est l’auteur/le livre qui vous ont marqué le plus dans la vie ? 

M Proust, H Bergson, Ph Jaccottet, les philosophes de l’école stoïcienne (Marc Aurèle, Sénèque). Ah oui, aussi « Le Lys dans la vallée » de Balzac…

Quel genre littéraire pratiquez-vous (roman, poésie, essai) ? Passez-vous facilement d’un genre littéraire à un autre ? 

J’écris des romans (le 7è est paru en 2020) mais même dans l’écriture de ceux-ci, je me suis rendu compte que mon vrai carburant, c’est la poésie. De la poésie brève, libre. J’ai publié à ce jour 6 recueils. J’écris souvent les deux genres (roman et poésie) en parallèle, ils se nourrissent l’un l’autre ; tout me semble lié, relever d’un même mouvement, même si l’écriture n’est bien sûr pas du tout la même.

Comment écrivez-vous – d’un trait, avec des reprises, à la première personne, à la troisième ? 

La poésie, très souvent d’un trait ou presque.

Les romans, je les retravaille énormément, je reviens sans cesse en arrière, corrige pour trouver le mot juste, je biffe, j’allège, …

J’écris à la première personne ou à la troisième, cela dépend du niveau auquel je veux me placer et amener le lecteur. Pour les romans, j’utilise volontiers le « je » car il me semble ainsi plus naturel de rentrer véritablement dans la tête des personnages.

D’où puisez-vous les sujets de vos livres, et combien de temps est nécessaire pour qu’il prenne vie comme œuvre de fiction ? 

Tant pour la poésie que les romans, ce qui m’intéresse, c’est « la vie ordinaire », l’histoire de gens « ordinaires » ce qui, en fait, est toujours un peu extraordinaire puisque la vie est unique.

Mes romans sont plutôt des romans intimistes, même si une intrigue n’est jamais absente. Je mets facilement près de deux ans pour terminer un roman.

Les sujets de mes poèmes, je les puise en regardant par la fenêtre le ciel ou l’envol d’un oiseau, et/ou en rentrant profondément en moi, pour m’interroger sans fin…

Choisissez-vous d’abord le titre de l’ouvrage avant le développement narratif ? 

Cela dépend… il arrive que le titre s’impose d’emblée, mais c’est rare, souvent c’est au cours de l’écriture ou même à la fin du livre. D’autant plus que lorsque j’écris un roman, je n’ai pas de véritable plan en tête, seulement un thème et des personnages, le livre se construisant pas à pas comme une sorte de puzzle.

Quel rapport entretenez-vous avec vos personnages et comment les inventez-vous ?

Lorsque je travaille à un roman, je me sens un peu à la dérive, en exil de moi-même. Je ne sais plus qui je suis, quelle âme j’abrite, la mienne ou celle de mon personnage ?  Je ressens des angoisses et des pensées qui ne sont pas miennes, mais celles d’un double qui est moi et qui ne l’est pas, me faisant passer au second plan dans une sorte de jeu de reflets…

Parlez-nous de votre dernier ouvrage et de vos projets. 

Mon dernier roman s’intitule « Les fantômes de Théodore » (éditions Murmure des Soirs, 2020), il traite des non-dits, en particulier au sein de la famille. Le message principal, c’est que les rencontres et les épreuves transforment nos vies, et c’est peut-être la meilleure chose qui puisse nous arriver…

Je suis en train d’écrire un nouveau roman. Un recueil de poèmes va bientôt sortir, avec une amie photographe car j’aime beaucoup associer textes et autres formes d’art. A la fin de l’année, paraîtra (éditions MEO) un récit, ce qui m’a entrainée dans la vraie aventure de l’écriture, il y a dix ans… 

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